Ustad Amjad Ali Khan
Le grand maître du sarod
Inde du Nord
« L’agilité d’araignée, de ses doigts module alors, avec de précises palpitations, le faisceau des résonances ; il laisse mourir le son, tout en le sculptant encore jusqu’à sa mort, jusqu’au silence. Et, croit-on, il continue à sculpter le silence. A ce moment, la musique devient presque visible autour du musicien ; ses doigts semblent manier des veines lumineuses et silencieuses. »
René Daumal, Sur la musique hindoue
En partenariat privilégié avec le Conseil Régional des Pays de la Loire
Il est un privilège d’écouter les mille talents de l’un des plus grands maîtres vivants de la tradition hindustani. Mais quel honneur d’inaugurer cette 10e édition en sa présence ! Ustad Amjad Ali Khan est sans nul doute l’égal du sitariste Ravi Shankar dans une autre spécialité : le sarod, ce splendide luth royal issu du rubab afghan. De la majesté de cet instrument, à l’aspect jupitérien, se dégagent de somptueuses sonorités, mercuriennes, au timbre aigu et à la brillance métallique.
Appartenant à la septième génération de musiciens aux origines du sarod, Amjad Ali Khan n’est autre que le disciple et fils d’Haafiz Ali Khan, dont on dit, pour illustrer son exceptionnelle maturité, qu’il « avait déjà soixante ans quand il est né ». Né à Gwalior, Amjad Ali Khan donne son premier concert en 1952, à l’âge de six ans. Avec plus de quatre-vingt disques, il a défié à sa manière le temps.
Descendant de la grande lignée afghane pathan des Bangha, le maître a hérité de cette noblesse guerrière qui explique peut-être le caractère éclatant et noble de son jeu. Dans chaque son arraché au silence, il y a, comme disait les Anciens, une résonnance avec l’univers. Les longues descentes de notes font appel au pouvoir modal du raga, qui peut modifier l’ordre du monde et faire apparaître le feu, comme autrefois le raga dipak, exécuté par le grand musicien Tansen pour l’empereur moghol Akbar, incendia les maisons.
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Discographie
Extrait vidéo
Avec Satyajit Tawalkar,
au tabla
Photo:
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