Violons et danses tsiganes de Transylvanie
Par les jeunes musiciens de Ceuaş
Roumanie
« Je traversai le bourg en jetant un œil dans chaque auberge et estaminet que je trouvai. Il était au milieu d’un groupe d’hommes et de femmes qui dansaient sur le bătătură de l’une des auberges. Ce nom de bătătură désigne une aire de terre battue dévolue aux bals. Plusieurs personnes dansaient l’invǎrtita, pas de danse à la cadence complexe, que deux violoneux et un joueur de flûte accompagnaient tout en tapant du pied. »
Walter Starkie, Les Racleurs de vent, 1937
Avec en première partie : Ivan Ahmet
En partenariat privilégié avec le Conseil Régional des Pays de la Loire
Au fil de leur exode, les musiciens tsiganes ont cultivé l’héritage des cultures orientales traversées, tout en s’appropriant le vaste répertoire traditionnel et les nouvelles tendances musicales du pays habité. Avant de rejoindre le monde rural de l’Europe centrale, ils électrisèrent les salons des aristocrates phanariotes qui gouvernaient les principautés danubiennes, puis servirent les grands princes (voievozi) et les propriétaires terriens (boieri) de l’Empire.
Situé sur les rives du fleuve Tîrvana Micǎ, en Transylvanie centrale, le village de Ceuaş (Ceuaşo en romani, Csávás en hongrois ou Szászcsávás en vieil hongrois) compte neuf cent habitants. Agriculteurs hongrois et minorité tsigane coexistent dans ce petit univers en marge du « mirage européen ».
Depuis plusieurs générations, les familles de musiciens tsiganes sont appelées à jouer à l’occasion des événements qui ponctuent la vie villageoise : mariages, baptêmes, bals, funérailles, retour des migrants... Professionnels de la ceteră (violon), du contră (ou bratch, alto arrangé) et du gordon (contrebasse), ils sont renommés à travers toute la région pour leur pouvoir de faire danser les Roumains, Hongrois et Tsiganes, Répertoire et interprétation s’adaptant sans cesse, il faut imaginer un village entier chantant et dansant autour de longues tables où le vin local et l’alcool de prune coulent à flot.
Voir l'atelier associé : Danses de Transylvanie
Photo et extrait:
F. Bonini Baraldi
