Les moines danseurs de Majuli
Danse sattriya de l'Assam
Inde du Nord
« Je danserai devant Krishna.
Les clochettes de l’amour de Syam sont fixées à mes chevilles
Et c’est lui qui m’a façonnée.
Je n’ai rien conservé de ce monde, ni tradition, ni famille, ni respect humain,
Je ne quitte pas un instant le visage de mon bien-aimé. »
Mirabaï
L’Assam, région mythique de l’Himalaya située dans la lointaine vallée du Brahmapoutre, est le refuge du sattriya, danse sacrée interprétée par les bhakat, ces moines à la fois artistes et paysans, à la longue chevelure antique. Le sattriya remonte au grand mouvement néo-vishnuite qui débuta au XVe siècle ; imaginé par le maître Sankaradeva pour diffuser les épopées fondatrices, sa gestuelle puise dans le Natya Sastra (traité dramaturgique écrit à l’orée du IIe siècle). Elle tire son nom des sattra, ces monastères hindouistes uniques en Inde, ouverts à la population et garants de l’héritage culturel et artistique de l’Assam. Ce mouvement spirituel krishnaïte, inconnu en Occident, compte environ 2000 moines âgés de cinq à quatre-vingt ans, répartis dans 665 monastères dont vingt sur la seule île de Majuli. Au rythme des eaux protectrices du fleuve, la vie monastique s’organise autour des tâches agricoles et des célébrations.
Sous la houlette de Sri Bhabananda, obéissant aux injonctions des tambours khol et des cymbales tal, les moines fardés et vêtus de leurs plus beaux atours, deviennent les incarnations gracieuses des divinités peuplant le Mahâbhârata et le Râmâyana. Le sattriya est teinté d’une simplicité virtuose qui symbolise notamment les actions de Krishna, dieu-héros au charme irrésistible.
Voir la rencontre associée: Dans les brumes de Majuli.
Photos & vidéos:
FGD, J.-C. Cheneau &
N. Delpech
