María Carmona
Cante flamenco
Espagne
Le miracle gitan tient à ce qu’il reste encore imprégné de son origine : un Orient à la fois indomptable et chaleureux. Cette « tribu prophétique aux prunelles ardentes », ainsi nommée par Baudelaire, aura traversé une multitude d'espaces, du désert du Rajasthan à celui de l'Andalousie. Au terme du grand voyage, s’exprime encore sa détermination à travers le cante jondo (jondo du castillan hondo, « profond »), l'expression la plus gitane du flamenco. Ce chant a la particularité de nous déposer, par sa façon de sculpter le silence, au seuil d’un gouffre : celui du llanos, esquisse d'un pleur inexistant qui précède ce « silence ondulé », si bien décrit par le poète García Lorca.
María Carmona appartient à deux des familles les plus importantes du flamenco : les Habichuela et les Carmona, d’où est issu le fameux groupe Ketama. A sept ans, petite saltimbanque gitane, elle chantait déjà dans le légendaire Café de Chinatas à Madrid. Aujourd’hui, auprès d’Antonio Canales, Joaquin Cortes ou Manuela Caraco, elle déclame son cante flamenco au monde entier.
Avec Raúl López Maestre, guitare
Photo:
droits réservés
