Soirée chaâbi
Par Kamel el Harrachi & son ensemble
Algérie/France
« Eh toi qui pars, où vas-tu ? Tu finiras par revenir à ton point de départ.
Combien de gens insouciants l'ont regretté avant toi et moi ?
Combien de contrées fertiles et de régions désertes as-tu vu ?
Combien de temps as-tu gâché ? Combien vas-tu en perdre encore et que te restera-t-il ?
Eh toi l'émigré, tu te fatigueras à courir dans le pays des autres.
Le destin et le temps suivent leurs cours mais toi tu l'ignores. »
El Harrachi, Ya rayah !
C’est dans les dédales de la casbah d’Alger, pendant la colonisation française, qu’est né le genre chaâbi. Imaginé par les paysans nouvellement arrivés en ville, souvent des Kabyles, le chaâbi (signifiant en arabe « populaire ») puise dans le cannâa, la musique classique andalouse, et davantage encore dans le moghrabi, soit précisément la tradition populaire. Art des rues, des faubourgs et du quotidien, cela ne l’empêche pas de s’inspirer de la poésie orale héritée des qasidas et autres épopées bédouines. Car, même s’il est festif et dansant, ce « blues algérois » raconte la vie d’hier et l’actualité d’aujourd’hui de manière moraliste et anecdotique. Nostalgie du bled, difficultés du quotidien, tourments amoureux, autant de sujets que chantait « El Anka », la légende du chaâbi Lahlou Mohand Idir.
Joueur de mandole, Kamel El Harrachi est le fils du grand Abderrahmane Amrani, dit « El Harrachi », dont il s’est attribué le nom afin d’en perpétuer la mémoire. El Harrachi était en effet l’autre grand poète du chaâbi et l’auteur du titre Ya Rayah !, réadapté par Rachid Taha. A l’école des cafés de la banlieue parisienne ou des quartiers algérois, Kamel El Harrachi s’est laissé habiter par l’âme du chaâbi et sur scène, il resplendit d’une vitalité que seule peut inspirer la tradition authentique.
Page MySpace de l'artiste
Avec Kamel Amrani (dit "Kamel El Harrachi", voix, mandole), Morad Amrani (choeur, derbouka), Nabil Mansour (choeur, tar), Sid Ali Oudani (choeur, banjo), Rezki Benlala (choeur, piano), Bouabdellah Khelifi (choeur, violoniste)...
Photo & extrait:
TAM
