Polyphonies vocales du Pays Lab
Ensemble de Gjirokastër
Albanie
« De cœur j’ai toujours été parmi vous.
Je ne cesse de brûler du désir,
De vous offrir un peu de lumière,
Afin que la nuit devienne jour.
Ce n’est que pour vous que je brûle,
Même s’il ne restera pas grand-chose de moi,
J’accepte de bon cœur me consumer,
Afin de mieux pouvoir vous éclairer.»
Naim Frasheri, chant du pays Lab
Les polyphonies du pays Lab, au sud de l’Albanie, semblent appartenir à une autre Europe, une autre histoire, celle d’un pays montagneux qui, bien qu’ayant connu l’occupation ottomane, italienne, grecque et allemande puis le communisme, a protégé au cœur de ses vallées, son patrimoine d’antan, son répertoire soufi, ses ballades épiques et ses romances. Toujours imprégnée de la tragédie de ses anciens martyrs et de la fierté de ses résistants, l’Albanie a conservé ses spécificités culturelles dans un contexte européen.
Naissances, fiançailles et mariages sont le terrain de prédilection de ces chants festifs, où autour d’une table gargantuesque, comme dans ces anciens tableaux paysans, on déclame les toasts (« gezuar! ») et les plaisanteries d’usage. Mais au-delà, il y a l’extraordinaire relief profond et dramatique de ces chants qui prennent leur envol en s’appuyant sur un son continu (iso), comme l’aigle des montagnes, symbole national. Du kaba, ce bourdon au timbre riche et savamment vocalisé, s’élève le pleur, complainte déclamée, vibrato exacerbé, qui évoque tour à tour les événements historiques, les rebellions paysannes ou encore les ballades amoureuses…
Direction musicale :
Arian Shehu
Photo:
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