Depuis son début en 1999, le festival développe l’éveil des enfants grâce à des spectacles de haut niveau, proposés souvent par d’autres enfants, eux-mêmes héritiers des grandes traditions de l’Orient.
Comme chaque année, en plus des spectacles scolaires proposés en semaine, le festival offre plusieurs spectacles exceptionnels venus d’Inde du Sud que nous retrouverons chaque week-end sous le Café oriental ou sur le Parvis de l’Abbatiale.


Café oriental –14 h 30
Samedi 25 et dimanche 26 juin, samedi 2 et dimanche 3 juillet 2005
Merveilles de l’Inde
Simanagdini, la danse du lion par Uma Murali Krishna
Tamil Nadu
Ottan Thullal, danse – mime par Suresh Kaliyath — Kerala


Simanagdini, la danse du lion peint
Autrefois, la tradition sacrée voulait que les devadasis, les danseuses sacrées du temple, louent la déesse Shakti en dessinant de leurs pieds sa monture le lion. Shakti est la déesse qui symbolise l’énergie féminine qui se fond dans celle, masculine, de Shiva, dans la réalisation du désir. La monture de Shakti est le lion à l’image de la puissance de la nature que dompte Shiva dans la méditation. Dans cette démarche graphique tout à fait originale, elles dessinaient de leurs pieds sur le sol, tout en dansant, l’image d’un lion, à l’aide de poudres colorées. Au rythme de la cadence du mridangam naissait l’image impressionnante du félin.
« Les Orientales » ont décidé, par l’intermédiaire de la jeune danseuse Uma Murali Krishna, venue de Chenaï (Madras) avec ses musiciens, de faire revivre cette tradition perdue.

Ottan Thullal, danse – mime
À la fois danse et mime, le Thullal remonte au XVIIe siècle et doit son existence au poète Kunchan Nambiar. Cette danse – mime reprend des techniques propres à d’autres formes d’expressions artistiques comme le rituel du padayani ou de certains arts dramatiques comme le kudiyatam. Parmi les 3 formes de Thullal, le Ottan transforme le danseur en un véritable mime singeant différentes divinités et racontant à sa manière les épopées mythologiques. Grâce aux mudras (expressions du visage), l’artiste maquillé exprime des sentiments allant de l’héroïsme « veera » à la drôlerie « hasya », de la surprise « albutha », à la colère « raudra », ou encore à l’amour « shringara ».



Parvis de l’Abbatiale – 15 h 30 et 18 h 00
les 25 et 26 juin, 2 et 3 juillet 2005
Instants nomades (gratuit)
Le Kalaripayat, art martial du Kerala
par les enfants de la fondation « The Aseema Trust »
La fondation « The Aseema Trust » localisée à Chennai (Madras) a été fondée en 1996 par V.R Dewika. Cette femme, grande militante de la tradition, a axé sa démarche sur un enseignement à la fois éducatif et artistique. De jeunes enfants et adolescents présentent l’art martial du Kalaripayat au sein de l’école de Thrissur « Sree Vailabhatta Kalari Sangam » crée en 1957.
Le Kalaripayat, élégant et raffiné, porte en lui la beauté du mouvement antique. L’aspect élancé de cette parade des corps évoque des techniques de combat nées directement de l’observation de la nature et des animaux. La puissance féline du tigre se confond avec la grâce aérienne de l’oiseau.
La légende de Parasurama raconte que ce seigneur fonda l’état du Kerala en jetant sa hache de combat en Mer d’Arabie et le Kalaripayat naquit. Ayant acquis la double qualité de sage et de guerrier, Parasurama, premier Gurukal (maître), enseigna alors son art martial à 21 disciples et fit construire 108 kalaris (école) pour qu’ils protègent le nouvel état du sud de l’Inde.
C’est, dit-on, un moine bouddhiste, de la caste des guerriers Bodhidharma, qui remontant du Kerala à la Chine, se rendra jusqu’au monastère de Shaolin où il introduira la “boxe de Shaolin” qui donnera ensuite naissance au kung-fu.
Lancers de jambes, torsions, successions de bonds, travail d’équilibre, maniements d’armes en bois comme le bâton long (pathiruchan) ou court (muchant), enseignement des armes tranchantes métalliques : couteau, dague, épée, lance, forment le corpus de cette magnifique expression martiale.


Cinéma

Auditorium Julien Gracq – 20 h 30 — Samedi 2 Juillet
« L’histoire du chameau qui pleure » de Byambasuren Davaa et Luigi Falorni - Allemagne - vf - 90’- 2003

Ce film nous plonge dans l’univers hallucinant du désert de Gobi, dans l’un des derniers paradis écologiques, loin de la capitale de Mongolie, Oulan-Bator. Dans cet univers des steppes, l’homme, l’animal et la nature cohabitent, rien ne les dérange dans ce film épuré où seules les images servent de narration.
Cette fable touchante et envoûtante, celle d’une chamelle qui, émue par le son de la vièle morin-koor, finit par accepter son petit, est un éloge à la vie nomade.


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