Café oriental - 21 h 00

Nikos et Yasemin Saragoudas

A l’origine du Rebetiko et du Zmizneïka —Grèce

En collaboration avec la Cité de la musique à Paris

A la fin du XIXe siècle, de Smyrne (Asie Mineure et actuelle Turquie) aux quartiers populaires d’Istanbul, du Pirée aux ports de Siros et Thessalonique, résonnent les accents illuminés et désillusionnés du rebetiko. Reflet d’une nouvelle misère urbaine et prolétarienne, née des bouleversements économiques et migratoires de l’époque (notamment ceux des réfugiés grecs venus d’Anatolie et de Russie après la révolution), les rebete distillent leurs complaintes orientales jusqu’à New York.
Le bouzouki et le baglama, les luths devenus grecs, par leurs sonorités puissantes et frêles, se frayaient un chemin à travers la fumée du hashish et les effluves de liqueurs bon marché servis dans les petites tavernes koutoukia.
Très influencé par la musique turque venue de Smyrne, le rebetiko ponctue poétiquement une misère habitée par la drogue, la prostitution et la prison. Censuré en 1932, le rebetiko assume encore plus sa marginalité pour connaître finalement une nouvelle popularité après la 2e guerre mondiale. Le Zmizneïka, style issu de la communauté grecque des bordures de l’Asie mineure, connaît son épanouissement à Izmir. Bien avant le rebetiko, la misère et nostalgie de l’exil s’exorcisent à travers de magnifiques chants accompagnés au violon et au santour (cithare à cordes frappées d’origine persane), jusqu’en 1938. Aujourd’hui le rebetiko est l’objet d’un renouveau, Nikos et Yasemin Saragoudas, femme à la voix d’une rare intelligence émotionnelle savent lui donner ce sentiment de misère sublimée, comme pour le Zmizneïka qui revit lui aussi aujourd’hui.

Auditorium - 13 h 00

En avant-première, projection du documentaire

“Au cœur du Nil soufi” d’Alain Weber

2001 - Eva productions (55’)

La découverte du soufisme populaire en Haute-Egypte et de ses fêtes extatiques, à travers un portrait du grand chanteur soufi égyptien Ahmad Al-Tuni venu aux Orientales en 1999


Café oriental - 14 h 30

Princes, démons et magiciens…

Yok Thei Pwe
Marionnettes et danse du Myanmar — Birmanie

Auditorium - 15 h 00

Voyageurs d’autrefois & d’aujourd’hui
Lecture

Textes extraits du livre “le culte des saints dans l’islam maghrébin”
d’Emile Dermenghem lus par Marc Bodnar

“Le saint Sidi Mohand accrochait sa planche à écrire à une étoile,
pendant la nuit, et tendait sa main pour la recevoir
quand il recommençait à étudier”

Entre étude ethnographique et impressions de voyage, la découverte de l’univers religieux populaire du Maghreb par un grand intellectuel français qui, dès 1925, s’intéresse à l’Islam et ses traditions.


Café oriental - 17 h 00

Myôka “Les fleurs exquises”

Trois femmes dédiées au chant et à la danse traditionels du Japon


“C’est parce que nous sommes au Paradis
que tout dans ce monde nous fait mal.
Hors du Paradis, rien ne gêne, car rien ne compte”

Komachi, poétesse japonaise

Etsuko Chida est originaire de l’île lointaine d’Hokkaidô, la plus septentrionale de l’archipel nippon, Nobuko Matsumiya est née à Kyôto, antique cité de Honshû, l’île principale, et Shimehiro Nishikawa vient de Kyûshû, l’île du sud. Ces trois jeunes femmes ont connu l’enseignement traditionnel de différentes écoles Ikuta ou Yamada, pour les deux joueuses de koto, Nishikawa pour la danse. Elles s’inscrivent dans la lignée actuelle qui lance des ponts entre les communautés artistiques, jadis très compartimentées, privilégiant un esprit d’enrichissement à travers des expériences multiples. L’Ensemble Myôka (“Les fleurs exquises”) qui doit son nom au fameux traité de Zeami (maître du Nô du XIVe siècle) est à la croisée de multiples influences. Soucieux de présenter l’évolution de la musique traditionnelle du Japon, Myôka interprète au cours de leur récital des pièces composées entre le XIXe et le XXe siècle.
De la gestuelle posée de la danseuse Shimehiro Nishikawa émane cette grâce intemporelle chère à un Orient méditatif. Le koto ce “dragon couché sur une plage et conversant avec les vagues” est la cithare noble du soleil levant, instrument de référence, dès le IXe siècle, synonyme de raffinement et de féminité.

“Tous les chemins sont circulaires
et le parcours entrepris ne conduit jamais qu’à soi-même”

Ibn ‘Arabî

Evocation musicale, poétique et calligraphique d’après les poèmes mystiques
du “Livre des haltes” kitab al-mawâqif de l’Emir Abd al-Kader
Réalisation : Alain Weber

Collaborations : IMA, les Orientales et Tour Art’Zeg, avec le soutien de Djazaïr, une année de l’Algérie en France

Première étape — Auditorium - 17 h 00

Conférence et introduction
L’Émir Abd al-Kader
raconté par Bruno Etienne
Bruno Etienne, professeur de sciences politiques et directeur de l’observatoire du religieux à la faculté d’Aix-en-Provence, est l’auteur d’une biographie consacrée à Abd al-Kader.

Deuxième étape — Abbatiale - 19 h 00

La confrérie alawiyya de Mostaganem — Algérie
Sous la direction de Cheikh Khaled Bentounès
avec des poésies d’Abd al-Kader lues par Marc Bodnar

Connu pour son port de pêche, son quartier turc et ses vieilles familles andalouses, Mostaganem, ville du littoral algérien, abrite une des confréries les plus importantes de l’univers soufi maghrébin. L’antique ville de Murustaga est, en effet, le siège de la confrérie Alawiya. Né en 1949, cheikh Khaled Bentounès succédera à son père et sera désigné en 1975, comme la nouvelle autorité de la confrérie. Les chants des alawiyya sont à la fois puissants et émouvants et incarnent la continuité d’une passion qui a traversé l’histoire.

Troisième étape — Café oriental - 22 h 00

L’ensemble soufi Nour al-din Khoarshid
de la grande mosquée de Damas — Syrie
La ronde des derviches — Syrie, et

les calligraphies vivantes

de Salah al-Moussawy — Irak


“Le calame depuis qu’il a été taillé a pour esclave
le sabre depuis qu’il a été effilé”

Abd al-Kader

Initié, dès l’âge de cinq ans, par son père, le cheikh Abou al-Nour, au rituel mystique musulman, Noureddin Khourshid, né en 1966 à Damas, est tenu aussi, en son pays, pour un des plus grands récitants du Coran.
Bien que, sur le plan universitaire, il se soit paradoxalement initié à l’économie, c’est bien vers la voie spirituelle qu’il se dirige. Sa grande maîtrise de la récitation coranique lui permet de maîtriser parfaitement l’inshad (chant religieux).

Auditorium - 20 h 30

En avant-première et en présence de la réalisatrice, projection du documentaire
“Les Musiciens du Nil” de Cécile Pallingre - 2003 - Sombrero productions (55’)

Pour la première fois, les Musiciens du Nil qui sillonnent le monde depuis 1975, sont suivis dans leur quotidien. Au cœur du monde rural de Haute-Egypte, ils font découvrir à leur manière les derniers moments de la vie traditionnelle des tsiganes égyptiens.

Palais Briau (Varades) Salon de musique - 21 h 00

Haroun Teboul Chants ottomans et musique de derviches

Haroun Teboul est un des rares artistes d’origine orientale vivant en France capable de porter en lui le tarab, cette émotion ferment de l’art musical. Sa voix aux ornementations ottomanes semble se perdre dans les dédales des anciens palais d’Istanboul, alors que son tambour, longue vièle turque et le souffle de la longue flûte en roseau survolent les steppes de l’extase soufie.


Sur la Loire — 23 h 30 accès libre

Fête de la Saint-Jean et feux d’artifices
organisé par le Comité des fêtes de Saint-Florent-Le-Vieil

Café oriental - 00 h 00

Minuit gypsy gratuit (invitations à retirer à la billetterie)

Nadara Musiques, chants et danses tsiganes de Transylvanie — Roumanie
Gordon (contrebasse), bratch (violon alto), violon, saxophone, accordéon nous plongent dans l’univers de la folie virtuose des Balkans.

La Transylvanie est une des provinces historiques de la Roumanie, située au nord-ouest du pays, avec à son centre la chaîne des Carpates. La plupart de ses habitants sont roumains (70 %), hongrois (20 %), tsiganes, allemands, slovaques, ukrainiens et juifs (environ 10 %) et ignorent tout de cette légende. La Transylvanie a connu l’empire ottoman, la couronne de Hongrie, puis l’Empire des Habsbourg. D’abord roumaine après la première guerre mondiale, puis hongroise en 1940, elle reviendra définitivement roumaine en 1944. Les musiciens professionnels (ceterasi), tsiganes utilisent trois à sept instruments, dont les principaux sont le violon ceteri, l’alto contra et la contrebasse gordon, tous à 3 cordes. Les chefs-d’œuvre de ces musiques transylvaines sont les suites de danses roumaines româneste “à la roumaine”, et hongroises. Csárdás, Friss Csárdás et Legényes s’enchaînent brillamment comme pour exorciser les vicissitudes de la vie.


Palais Briau (Varades) Salon de musique - 11 h 00

Musique et danse de cour du Myanmar —Birmanie


L’art savant asiatique se caractérise par un mélange subtil de rafffinement et de grâce du geste, un apparent désordre sonore et orchestral, souvenir d’antiques rîtes d’exorcisme. L’ancienne musique birmane de cour comprend des instruments de musique véritablement magnifiques par leur beauté visuelle. Les ensembles circulaires de tambours pat-Lone, de gongs kyay-wai, de gongs mong-sai, les claps en bambou war-let-kote, la flûte hnae, les clochettes si, le petit tambour si-toe, les cymbales lin-gwin, l’ensemble de 7 petits tambours chauk-lone-pat et le gros tambour pat-ma-gyee, soulignent par leurs sonorités surnaturelles, la voix et le geste de la danseuse.


Auditorium - 13 h 00

Projection du film

“Me mage Sandai” d’Asoka Handagama
2000 - Sri Lanka (104’) — version originale sous-titrée en français

Le drame de la guerre vécue par une femme. Les bouleversements humains
occasionnés par la guerre dans un petit village tamoul transforment
les gens ; misère, convoitise et haine s’activent sous son regard.


Café oriental - 14 h 30

Princes, démons et magiciens…

Yok Thei Pwe Marionnettes et danse du Myanmar — Birmanie



Auditorium - 15 h 00

Voyageurs d’autrefois & d’aujourd’hui Lecture

Récits d’Ibn Battûta, voyageur du Maghreb du XIVe siècle
à la découverte de l’Inde et de l’extrême Orient lus par Marc Bodnar.

Ibn Battûta, grand voyageur musulman, il se rend en Chine
et découvre les fastes et coutumes des cours d’antan.

“La bête de somme en Inde, c’est le bœuf,
c’est lui qui porte les fardeaux dans les voyages.
Ce serait une grande honte chez eux de monter des ânes,
lesquels, sont d’ailleurs de fort petite taille.”


Café oriental - 17 h 00

Cheikha Sabah — Egypte
Chant soufi d’Egypte

En collaboration avec l’IMA (Institut du monde arabe)

“Les 30 derviches se tenaient par la main avec une sorte
de mouvement de langage, tandis que les quatre coryphées
ou zikkers entraient peu à peu dans une frénésie poétique
moitié tendre, moitié sauvage. Peut-être est-ce ainsi que
les anciens prêtres de l’Egypte célébraient les mystères d’Osiris
retrouvé ou perdu…”

Gérard de Nerval lors de son voyage en Egypte

Le munshid, chanteur soufi populaire, est le dernier grand personnage du monde populaire égyptien. Il est homme de foi, chanteur, poète, comédien, prophète et un peu magicien... Ce rôle est parfois tenu par une femme. Cheikha Sabah, chanteuse aveugle (comme le Sheikh Ahmad Barrayn venu aux Orientales en 1999) a la même conviction que les plus grands munshid.
Dans cette quête de l’art dont les balbutiements se mélangent avec la terre, le limon du Nil, les cris des ânes et des chameaux, l’eau de la sakieh qui coule pour irriguer les canaux, on ne peut que penser à une autre femme. Fille d’un certain imam Ibrahim El Beltagui du delta du Nil, elle est baptisée du nom de la troisième fille du prophète: Oum Kalsoum, elle aussi petite paysanne qui fréquente l’école coranique (kouttab) du Sheikh Abdel Aziz.

Sabah est née en 1957, dans une bourgade, Tanamel (Dakahleya), dans le Delta. Elle apprend le Coran et dès l’âge de 7 ans, elle psalmodie et cette voix devient pour elle la force que ses yeux aveugles n’ont pu lui donner. Les maoulid (pluriel de mouled, terme qui remonte à l’époque mamelouke), fêtes qui célèbrent l’anniversaire de la mort des saints musulmans locaux et des grands personnages du panthéon soufi, sont le pôle de la vie rituelle d’un monde rural (baladi) de plus en plus bousculé dans ses racines. Plusieurs milliers de personnes y viennent à la recherche de baraka, la chance. Le hadrah, la cérémonie soufie, lentement portée par le munshid, se dirige vers une rencontre divine où chacune et chacun peut se laisser aller à la transe anarchique et extatique du dhikr dans une frénésie de corps balancés.


Auditorium - 17 h 00

Conférence et démonstration

Géométrie et spiritualité de la lettre par le calligraphe Salah al-Moussawy —Irak


Abbatiale - 19 h 00

Bora Dugic
Le maître de la flûte frula des Balkans — République de Serbie-Monténégro

Né à côté de Kragujevac, au nord-est de la Serbie, Bora Dugic est un maître de la musique traditionnelle des Balkans, là, où l’art rural est poussé au maximum de son raffinement. Cette approche qui peut sembler être le fruit d’un académisme aseptisé et beaucoup trop technique a néanmoins le privilège de permettre la survie de certains instruments traditionnels d’origine pastorale, comme la petite flûte serbe frula. Ce petit pipeau en bois se retrouve sous différentes formes et terminologies dans tous les Balkans. Les sonorités frêles et enfantines qui jaillissent des petites flûtes que fabrique lui-même Bora Dugic, semblent sortir d’un conte de fée et dialoguer avec des créatures irréelles. Pour Bora Dugic, la mélodie possède le don de l’envoûtement. Les plus grandes illusions peuvent être contenues dans la mélodie. Cette sorte de virtuosité poussée à l’extrême, semble parapher les légendes d’antan, où la flûte, venue des profondeurs des forêts, apparaissait comme un instrument surnaturel.


Café oriental - 21 h 00

Sudharma
La petite déesse du Bharata Natyam
et sa guru Srekala Bharat — Inde du sud

Agée de 8 ans, Sudharma semble sortir d’un conte de l’Inde ancienne, à une époque où l’art sacré était encore considéré comme une véritable révélation des dieux. Cette danse, parmi les huit danses principales de l’Inde, était autrefois confinée à l’espace sacré du temple et interprétée uniquement par les devadasi, il s’agissait d’une offrande, d’un acte de dévotion car “nulle prière,
nulle offrande n’est aussi agréable à Dieu”.
Frêle mais forte de cette grâce divine révélée par la gestuelle de l’art classique, Sudharma possède déjà la conviction et les débuts d’une véritable maîtrise. Elle le doit à l’enseignement de sa maîtresse Srekala Bharat, danseuse confirmée, qui dirige à Madras l’école de danse classique Thejas. Son maître était le fameux Kalaimamani SmtK.J Sarasa. Devant Sudharma, elle se rappelle sa propre enfance, elle qui commença aussi à danser dés l’âge de 7 ans.

 

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