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Cette année, la cinquième édition de notre festival est le moment de faire un petit bilan. Tout d’abord vous remercier, spectatrices et spectateurs qui, en nombre croissant, soutenez cette manifestation. Le choix artistique très spécifique du festival ne vous a pas empêchés d’être au rendez-vous chaque année. Le festival présente toujours des formes artistiques rares et exceptionnelles. Ces spectacles témoignent de la richesse du passé culturel de l’Orient et de l’Asie, mais aussi du désir de sauvegarder l’identité et la dignité de ces cultures face aux incertitudes du monde actuel. Dans une période où l’Orient et l’Occident sont sous la menace constante d’une fracture et d’une incompréhension, l’art peut encore favoriser le fondement d’un réel échange et d’un respect mutuel.

Une multitude de thèmes s’entrecroisent, de la Chine à l’Algérie. Un hommage particulier sera rendu avec le soutien de Djazaïr, une année de l’Algérie en France, à l’Emir Abd al-Kader qui symbolisait la possibilité de fusion entre le mysticisme et la modernité.

L’Asie s’affirme encore avec de jeunes artistes chinois qui maintiennent à Paris leur tradition mais aussi avec la féerie des marionnettes de Myanmar (Birmanie) et la danse traditionnelle du Japon. Et puis toujours l’Inde, avec une journée thématique qui ne cesse de nous renvoyer à ce raffinement ancien.

Dans ce rapport intime entre émotion et connaissance, le festival s’agrandit. Il propose à nouveau dans le cadre des “Universités européennes d’été” des ateliers d’ethnoscénologie (en partenariat avec le laboratoire d’ethnoscénologie de l’université Paris 8 et la Maison des sciences de l’homme de Paris nord), mais aussi une grande exposition sur les instruments de musique à cordes de l’Orient. Cette exposition conçue par les “Instruments migrateurs” (Centre du patrimoine de la facture instrumentale du Mans) se joint à une autre exposition sur le thème des métiers d’art et de la facture instrumentale proposée par l’ITEMM (Institut technologique européen des métiers de la musique au Mans).

Hervé de Charette
Président

1895, Joseph Conrad

L'Orient, au centre d’une actualité brûlante conserve encore aujourd’hui cette parcelle d’imaginaire et de rêve, cette faculté à nous plonger dans un univers fantastique. Malgré la pression de multiples enjeux politiques, une urbanisation anarchique, un tourisme de bonne conscience et des traditions fragilisées, l’Orient et l’Asie conservent leur pouvoir d’attraction.

Pour sa cinquième édition, les Orientales nous font voguer sur un tapis musical, qui, une nouvelle fois, survole déserts, montagnes et palais anciens de ces pays bousculés à leurs racines, comme la Birmanie, l’Arménie, la Serbie Monténégro, l’Algérie ou la Chine. L’histoire dont les peuples sont souvent les otages, nous fait trop souvent oublier ces moments où l’homme, au travers de l’art, dévoile ses émotions.

Avec le soutien de Djazaïr, une année de l’Algérie en France, organisée par l’AFAA (Association française d’action artistique), l’Algérie révèle quelques-uns des joyaux d’une tradition oubliée par l’histoire de ce pays. À travers une création, nous découvrons, par le pinceau du calligraphe, la voix du poète et les chants soufis, les grands poèmes métaphysiques d’Abd al-Kader, ce cavalier fougueux et guerrier partagé entre le pouvoir à la quête d’un royaume spirituel et le mysticisme.

Et puis, l’Asie, dans ce raffinement teinté de surnaturel, fait vibrer les cordes des vièles de Chine et tire celles des magnifiques marionnettes de Birmanie, manipulées, elles, par la grâce des hommes et des Dieux.

Animations, expositions, Universités européennes d’été et marché oriental seront encore au rendez-vous dans cette volonté toujours présente de mettre en valeur le patrimoine vivant de l’Orient actuel.

Entre l’Abbatiale, le Café oriental d’un autre monde et le salon de musique digne des marajahs d’antan, l’art de l’Orient et de l’Asie reprend sa vraie dimension.

Alain Weber
Directeur artistique