La vièle aux Orientales
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Lorsque Abou Zeïd, guerrier bédouin et poète des Beni Hilal, frottait les cordes de sa vièle, selon la légende, “même les oiseaux suspendaient leur vol au-dessus de sa tête, comme envoûtés par ses paroles...”.
Des steppes au désert, des montagnes arides aux vallées vertes, le poète conteur et devin et sa vièle et narrent l’actualité du temps d’hier et de demain.

Instrument à une ou plusieurs cordes, transporté par l’islam et le cheval, la vièle peut prendre des formes. Le musicien utilise deux techniques ancestrales de jeu, comme le mentionnait au Xe siècle le philosophe et théoricien Al-Fârâbi : il presse la corde contre le manche ou, au contraire, se contente de poser son ongle sur celle-ci en la laissant comme suspendue dans l’air. Cette dernière technique est utilisée pour la kamancaîa du Rajasthan et le robab berbère chleuh du souss marocain.

La vièle aux Orientales

Sarangui du Pakistan et du Rajasthan

Cette vièle agrémentée de cordes sympathiques est l’instrument aux mille couleurs destiné au chant classique indo-pakistanais aussi bien qu’à la tradition poétique rajasthanaise. Aujourd’hui remplacé par l’harmonium, il reste néanmoins très apprécié de la caste des Langa du Rajasthan.

Djoza d’Irak

Le violon de facture occidentale a supplanté dans le monde arabe la vièle djôza à quatre cordes (du nom de la caisse de résonance en noix de coco, djôz al-hind, noix d’Inde). En Egypte, la rababa à 2 cordes, son équivalent, est toujours utilisée dans la musique populaire.

Morin-khuur de Mongolie

Le morin-khuur ou khiil-khuur est la vièle-cheval du poète et devin des steppes. La caisse de résonance de forme trapézoïdale est recouverte d’une peau de chèvre. Au sommet du manche trône une tête de cheval ou de dragon. Les oreilles de l’animal constituent les chevilles qui servent à tendre deux cordes en crin de cheval.

Sorud du Baloutchistan

Le sorud (qeychak ou sarinda) est taillé dans un bloc de bois sur lequel est tendu une peau de gazelle ou de chèvre. D’une utilisation aussi raffinée que celle du sarangui de l’Inde du nord, ses six ou huit cordes sympathiques confèrent à l’instrument un son riche en harmonique.

Rabab berbère du souss marocain

Le rabab monocorde du souss marocain tient à la fois de l’inzad des Touaregs et du rabab monocorde du poète bédouin : il se joue en pressant la corde à l’aide de l’ongle sans qu’elle ait de contact avec le manche, comme avec la kamancaîa du Rajasthan.

Contra de Transylvanie

La contra est l’instrument à cordes le plus typique et le plus traditionnel de la Transylvanie, notamment chez les Tsiganes. Il se compose de trois cordes en boyaux de mouton rapprochées et tendues sur un chevalet.

R’beb d’Algérie

Le R’beb , vièle à deux cordes construite d’un seul bloc de bois est encore utilisée dans la musique andalouse du Maghreb.

Kemençe de Turquie

Cette vièle allongée, dite “violon des bords de la Mer Noire” ou “lyre pontine” qui fut importée par les Grecs pontins en 1922, existe aussi dans le pays des Lazes du Caucase occidental. Elle émet souvent des sonorités polyphoniques puisque l’on peut frotter deux ou trois cordes à la fois.

 
 


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