Café égyptien / Djaradjos Kahwa
Animé par les Musiciens du Nil
Lorsqu'à l'aube les premiers rayons de soleil percent les branches des palmiers, quelques silhouettes se profilent au détour d'un chemin de terre, enveloppées de leurs sombres gallabiyas en laine, les zoummarins (joueurs de mizmar) rentrent chez eux, dans le village de Djaradjos, non loin de Louxor. Après avoir joué toute la nuit, juchés sur des bancs de bois aux coins des ruelles ou sur les places de village, ces rois mages, déchus et poussiéreux, s'assoient en tailleur. Le butin d'une nuit se partage : des petites liasses de billets et tas de monnaie et de cigarettes s'empilent sur le sol.
La Haute-Egypte est un condensé d'Inde, d'Arabie, de Turquie et d'Afrique. Les fêtes de village, encore nombreuses, sont l'apogée d'une convivialité populaire à la fois naïve et frénétique. Les Saïdi (ceux du Saïd, la Haute-Egypte) bruyants, fiers et rebelles aiment à s'étourdir des sonorités stridentes des mizmars, de leurs incantations perçantes qui dominent un brouhaha anarchique peuplé de cris d'enfants, de jurons, de rires et du braiement lointain des ânes. La poussière de cette terre du Nil se mélange à la fumée des narguilés et des cigarettes de haschisch.
Et puis, il y a le bruit mât des bâtons qui s'entrechoquent ou simplement s'effleurent, lorsque les hommes s'affrontent dans une danse guerrière, à la fois gracieuse et virile (râqs al-tahtib). Au sein d'un univers essentiellement masculin, le paysan du Nil descendant de tribus arabes ou nubiennes accède à la féminité lorsqu'il danse à la manière bédouine, une longue écharpe autour de la taille.
Sur les Terrasses de l'Abbaye
Les vendredis, de 19h à 21h
Les samedis & dimanches, de 14h à 20h30
Salon de thé: thés, boissons fraîches, carcadet, chichas...







