Les enfants Bauls du Bengale
Inde" J'ai reçu mon invitation pour le festival de ce Monde, et ainsi ma vie a été bénie. Mes yeux ont vu et mes oreilles ont entendu. C'était ma part à cette fête. De jouer de mon instrument Et j'ai pu faire tout ce que j'ai pu. " Rabindranath Tagore, L'offrande lyrique
Les Bauls (du sanscrit " batul ", littéralement " fou ", ivre d'aspiration divine) sont les derniers grands mystiques nomades du monde, entre ciel et terre, entre extase poétique et réalité charnelle, ils tournoient, le bras tendu vers le haut, dans une spirale qui évoque le vent libre de l'esprit. Qu'il soit inspiré du bouddhisme, de l'hindouisme ou de l'Islam, peu importe, " celui qui est étourdi ou emporté par le vent " chante le divin sous toutes ses formes. Au delà des conventions, des dogmes, des rituels, le Baul, anarchiste du sacré, chante partout : chez lui, sur les chemins, dans la barque qui l'aide à traverser le fleuve, dans les trains et même... aux Orientales. Sur les pas de Chaïtanya, le grand saint bengali du XVIIIème siècle qui raviva le culte du dieu Krishna, ou le saint soufi de la même époque, Lalân Fakir, les Bauls sont en quête perpétuelle de l'Adhar Manush (" l'Homme essentiel "), sorte de conscience universelle, partie insaisissable de chaque être qu'ils honorent à travers un langage poétique évoquant la nature instable du coeur humain.
Loin des marchands du temple de consommation mystique de l'Occident, ces enfants Bauls et leurs parents, invités pour la première fois en France, viennent d'un petit village à proximité de Santiniketan, ville où vécut le grand écrivain Rabindranath Tagore. Ils incarnent pleinement la verve poétique et musicale d'une tradition baignée de spiritualité écologique. La voix aiguë s'étire, fragile comme la corde de l'ektara (instrument à une seule corde), créant une apesanteur légère et sensuelle.







