Danse Kathak de Jaipur
Rajasthan, Inde
Lorsque l'on se rapporte aux âges védiques, la danse est l'incarnation du divin. Le mot " katha " signifie en sanscrit " histoire " ou " conte ", car le corps de ceux que l'on appelait aussi les kathaks, poètes nomades, racontait la vie des dieux et des déesses, tant par un mime rythmé que par la délicatesse des mudras (expressions faciales et corporelles codifiées). La danse kathak, ancienne danse sacrée hindouiste, sait s'adapter à la nouvelle influence persane et musulmane de l'Inde du nord. à l'arrivée des Moghols au XVIème siècle, elle devient danse de cour et quitte les temples pour les salons raffinés des nouveaux conquérants, jusqu'à s'imposer comme une synthèse harmonieuse des styles. Il existe trois gharanas (écoles) de kathak : la gharana de Lucknow, liant émotions et finesse des gestes ; celle de Bénarès, où prédominent les improvisations de virtuosité rythmique ; et enfin, la gharana de Jaipur, où l'accent est mis sur le tournoiement et le rythme des pieds. Le martèlement clinquant de ces derniers, dont les chevilles sont enlacées de ghunghuru (grelots au nombre de 250), se synchronise aux énoncés rythmiques des syllabes " bol ". Cette pulsation devenue frénétique remémore le tourbillon éternel de Shiva, dieu de la danse. Satyajit Ray était parvenu à la capter dans son fameux " Salon de musique ", à l'instant même où les lustres tremblaient...







