Cherifa
Poétesse du Moyen Atlas
Maroc"Tel l'oiseau je m'envole et ne reviens à mon nid qu'après un an d'absence, Si au moins je pouvais être enterrée avec mon bien-aimé pour l'aider là où il est. Mon oreiller, tu es témoin, même si je pose ma tête sur toi, le sommeil, lui, ne se pose jamais sur mes yeux." Cherifa
Originaire de Khenifra, une ville qui emprunte sa couleur ocre aux montagnes avoisinantes, Cherifa Kersit paraît, aux premiers abords, austère. Elle exprime une tradition berbère où la femme occupe généralement une position plus libre que dans les autres régions du Maroc.
Dans le tamawayt, le genre chanté berbère du Moyen Atlas, elle déclame les paroles des poètes de villages, accompagnée du luth iotar. Le registre émotionnel alterne entre sentiment de réjouissance et de souffrance. Au début retenue et secrète, sa voix déchire l'atmosphère. Très vite, dans la frénésie des percussions bendhirs, elle se fait l'écho de cette géographie des montagnes. La voix de Cherifa possède en effet la même rugosité et le même relief que ces terres volcaniques, caractéristiques du Moyen Atlas, où le creux des vallées sert de refuge à toute une végétation. Son visage et ses chants reflètent encore cette fierté antique, apanage du peuple berbère lié aux anciens rites de la nature et de l'origine.
" Du centre de la terre à la cime des cieux, on peut y rencontrer la beauté de la lune et du soleil ", dit le poète.
Samedi 23 juin, 22h
Café Oriental
Tarifs : 12 euros / 10 euros
Formule samedi soir, voir Tarifs
Aberrahmane Aadouche, iotar / Raho El Moussaoui, bendhir / Mohammed Oulghazi, bendhir







